mardi 15 mai 2018

LE PÈRE YVES NZUVA KAGHOMA EST NOMMÉ SUPÉRIEUR PROVINCIAL D’AFRIQUE


La Province Assomptionniste d’Afrique est en liesse en accueillant le nouveau Supérieur Provincial en la personne du Révérend Père Yves Nzuva Kaghoma. La nouvelle nous est parvenue le lundi 14 avril 2018, au bout d’une période de plus ou moins cinq mois des consultations des religieux de la Province. Le Père Yves devient le cinquième Provincial africain après les PP. Jean-Chrysostome Kanyororo Kisali, Jean-Marie Paluku Meso, Vincent Kambere Kaghaniryo et Protais Kabila Kalondo.

Son identité

Le Père Yves Kaghoma est né le 19 août 1972 à Luofu, au sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Il a fait l’école primaire à Vuvogho, Kanyabayonga, de 1979 en 1986. Après l’école primaire, il est allé à l’école secondaire à l’Institut Kanyabayonga pour faire la Bio-Chimie de 1986 en 1992. Il devient alors enseignant dans ce même Institut de 1992 en 1994.

Son parcours de formation religieuse

Au cours de l’année 1994-1995, Yves est entré au Postulat/Kindugu, en ville de Butembo. L’année suivante, c’est-à-dire 1995-1996, il entre au Noviciat Saint Charles Lwanga/Butembo. Il émet ses premiers vœux de religion le 28 août 1996.
De 1996 en 1999, Yves est nommé dans la communauté de Bulengera en vue du premier cycle de philosophie. Après quoi, il est envoyé en stage au noviciat Saint Charles Lwanga, l’année 1999-2000. De 2000 en 2004, il est envoyé en mission en Espagne, tout en suivant un programme des cours du premier cycle de théologie aux Facultés San Dámasso à Madrid. Pendant cette période, il fait sa profession perpétuelle le 28 septembre 2002. De 2004 à 2006, il poursuit ses études d’abord en Licence en Théologie dogmatique à la Universidad Pontificia de Comillas à Madrid, puis en Formation des formateurs au centre « Ruah » Salamanca, pour deux ans.
Yves fut ordonné diacre le 18 février 2006 à la Paroisse Reina del Cielo à Madrid. Et il sera ordonné prêtre le 19 juillet 2007 à Mulo au Diocèse de Butembo-Beni, en République Démocratique du Congo.

Activités pastorales après l’ordination sacerdotale

Pendant quatre ans, le Père Yves a enseigné le cours d’Histoire de l’Église et de Théologie des Vœux à l’inter-noviciat d’Arusha. Durant six ans, il a enseigné le français, la liturgie, la spiritualité et la Doctrine sociale de l’Église au Philosophat des Pères Spiritains à Arusha-Tanzanie. Il a été Maître des novices à Kizito House d’Arusha –Tanzaie de 2008 en 2014. Il est nommé Responsable de la commission de formation dans la région de l’Afrique de l’Est de 2010 en 2014. De 2011 en 2014, il est Père Spirituel du Noviciat des Sœurs Carmélites à Arusha. De 2014 à nos jours (2018), il a assumé la charge de Responsable de Formation en Province d’Afrique, donnant cours d’Histoire de l’Église et d’Ecclésiologie à l’inter-noviciat/Butembo. Il enseigne également la Doctrine sociale de l’Église et l’Espagnol à l’ISEAB. Depuis juin 2017, il est Responsable de Formation et premier Assistant Provincial en Province d’Afrique.

La nomination du Père Yves comme Supérieur Provincial d’Afrique

Le lundi 14 mai 2018 fut décisif. Le Très Révérend Père Général, Benoît Grière en son Conseil, a nommé le Révérend Père Yves Kaghoma comme Supérieur Provincial de la Province d’Afrique. À l’annonce de cette nomination, la communauté Gervais Quenard tomba en admiration et euphorie ; si bien qu’elle se mit à organiser, à la dérobée, une réception à l’honneur du nouveau responsable de la maison.       

Au cours de l’Eucharistie matinale du 15 mai 2018 à laquelle il préside, l’Ancien Provincial —le Père Protais Kabila— a tenu à présenter à l’assemblée le Nouveau —le Père Yves Kaghoma—, selon l’esprit de famille traditionnel à l’Assomption.




En signe de soutien et d’assurance, le Père Protais embrassa le Père Yves, tout en demandant à l’assemblée de prier quotidiennement pour le nouveau Provincial, afin qu’il ait des épaules solides, aptes à endurer le poids de la province tout entière.




















Propos recueillis par
KAKULE MUVUNGA-TARDIF Deogratias, a.a.

dimanche 11 février 2018

LES ORDINATIONS DIACONALE ET SACERDOTALE AU SEIN DU DIOCÈSE DE BUTEMBO-BENI COMME SIGNES D’ESPÉRANCE EN UN CONGO « QUI GÉMIT EN DOULEURS D’ENFANTEMENT » (SAINT PAUL) !


En ce sixième dimanche du temps ordinaire de l’année B, l’église locale de Butembo-Beni rend grâce à Dieu pour l’appel qu’Il a adressé à vingt et un de ses serviteurs à œuvrer à sa vigne : dans l’église paroissiale de Kitatumba, de 10 h 15’ à 14 h 30’, trois ont été ordonnés Diacres et dix-huit Prêtres.


Voici les noms des Acolytes ordonnés Diacres (tous sont Assomptionnistes) :
1.            CHIBALONZA LUBANJA Marc,
2.            KAKULE LUTUNDE Marius,
3.            VIHAMBA MUSOSOTYA Jean-Paul.



Les Diacres dont les noms suivent ont été ordonnés Prêtres :
4.            ANDRÉ MAYELE, Franciscain
5.            KAKULE MUTAHYA Augustin, Assomptionniste
6.            KAMBALE KATAKA Guillaume, Diocésain
7.            KAMBALE KATALIKO Urbain, Diocésain
8.            KAMBALE VITASIMWA Jean-Paul, Diocésain
9.            KAMBALE MALYABWANA Uzima ni Mali, Assomptionniste
10.         KAMBALE MBUYIRO Delphin, Diocésain
11.         KAMBALE WASINGYA Samuel, Diocésain
12.         KASEREKA KWIRATWIWE MUPENZI Théophile, Diocésain
13.         KASEREKA MAJARIBU Fabien-Gédéon, Diocésain
14.         KASEREKA MAPENDANO Roger, Diocésain
15.         KASEREKA MOLOVERYA Muyisa, Assomptionniste
16.         KASEREKA MUKOKA Jérôme-Jonas, Diocésain
17.         KAVUSA VYALEMA Jean-Marie, Diocésain
18.         MAPENDO SONDIRYA Angélus, Diocésain
19.         MUHINDO KIMBESA Jean-Baptiste, Diocésain
20.         MUHINDO MATHE François, Assomptionniste
21.         MUHINDO NGALYAVUYIRA Emmanuel, Assomptionniste.


L’Eucharistie était présidée par Monseigneur Sikuli Paluku Melchisédech, Évêque du diocèse de Butembo-Beni, entouré d’une centaine de Prêtres venus de diverses paroisses dudit diocèse.





  
Dans son homélie, l’Évêque a exhorté les lauréats du jour à emboiter les pas au Seigneur Jésus Christ, à travers sa radicalité prophétique.


Cette exhortation fait écho à l’option vitale qu’a prise, depuis une décennie, le Cardinal Monsengwo Pasinya Laurent vis-à-vis des gouvernants congolais sous l’injonction : « il est temps que les médiocres dégagent afin que règnent la paix et la justice en RDC » !


Le Cardinal Laurent Monsengwo a, le mardi 2 janvier 2018, condamné la répression violente de la marche des chrétiens catholiques du 31 décembre 2017 par «des prétendus vaillants hommes en uniforme ». Cette manifestation pacifique avait été initiée par le Comité Laïc de Coordination (CLC) pour revendiquer « l’application réelle » de l’accord du 31 décembre 2016.
Monsengwo a stigmatisé les agissements des « prétendus vaillants hommes en uniforme», qui traduisent malheureusement la barbarie :
« Nous en voulons pour preuves : le fait d’empêcher les fidèles chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d’argent, d’appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église et dans les rues, l’entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets, crucifix et statues de la Vierge Marie ».
L’Archevêque de Kinshasa conseille aux dirigeants médiocres de dégager pour que règnent la paix et la justice en RD Congo. Il se demande comment faire encore confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice et l’amour du peuple : « Comment ferions-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple ? », a-t-il poursuivi.
Pour lui, l’instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer les intérêts occultes comme, par exemple, l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anticonstitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes à la société congolaise. D’après lui, l’accord politique global et inclusif, parrainé par la CENCO, est « violé volontairement ».
Il sied de noter que Monseigneur Monsengwo Pasinya Laurent est devenu la bête noire de Kabila Kabange Joseph et de son régime.


L’Archevêque de Kinshasa Monsengwo Pasinya Laurent, figure de la puissante Église catholique congolaise et du Vatican, ressort la carte du défi frontal au pouvoir en ce début d’année 2018 cruciale pour la République Démocratique du Congo (RDC), un an après la médiation de l’épiscopat dans la crise liée au maintien du président Joseph Kabila : « Il est temps que les médiocres dégagent », « barbarie », « mensonge systémique », « brutalités policières »…: il a suffi de quelques mots bien sentis en 48 heures pour que Mgr Monsengwo, 78 ans, fasse honneur à sa réputation d’opposant numéro un. D’autant que les appels à manifester de l’opposition politique ont sonné creux fin 2017 face à l’interdiction et la dispersion systématique de tout rassemblement.
L’archevêque de Kinshasa, une capitale d’environ 10 millions d’habitants et plus de 130 paroisses, est la figure de proue de l’Église romaine dans un pays de quelques 80 millions d’habitants très majoritairement catholiques, malgré la prolifération des Églises évangéliques dites du « réveil » (dont certains avancent qu’elles soutiennent le président Kabila).
Puissant à Kinshasa, le prélat congolais pèse lourd aussi à Rome. Élevé au rang de Cardinal par le Pape Benoît XVI, Mgr Monsengwo représente l’Afrique dans le collège de neuf cardinaux nommés par le Pape François pour travailler sur la réforme de la Curie.
Le Vatican lui a apporté son soutien après ses déclarations fracassantes. À Kinshasa, le nonce apostolique, Luis Mariano Montemayor, un Argentin proche du pape, a aussi dénoncé « la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises » face à la marche des catholiques du 31 janvier 2018.
Dans un premier temps, Mgr Monsengwo n’avait pas commenté cet appel des laïcs proches de l’Église à une marche pour demander au président Kabila de déclarer publiquement qu’il quitterait bien le pouvoir. La réponse des forces de sécurité (au moins cinq morts, 134 paroisses encerclés, cinq messes interrompues…, d’après la nonciature) semble avoir réveillé une profonde colère chez cet homme de taille moyenne, qui lit ses homélies à voix basse entrecoupée de longs silences.
Communiqué souhaitant la fin du « mensonge systémique » et que « les médiocres dégagent », interview à radio Vatican, messe du 4 janvier à la mémoire des martyrs de l’indépendance, qu’il compare « aux morts d’aujourd’hui » victimes des « brutalités policières »…: ses prises de position ont suscité une mise en garde du gouvernement frisant la menace de poursuites. « Monseigneur Laurent Monsengwo a tenu des propos injurieux à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre », a indiqué vendredi un compte-rendu du Conseil des ministres diffusé par le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.
Archevêque de Kinshasa depuis 2007, Mgr Monsengwo s’inscrit dans l’histoire de l’Église du Congo, engagée depuis l’indépendance de la Belgique, le 30 juin 1960, dans les questions de société, selon le Père Léon de Saint-Moulin, jésuite et historien du Congo.
Noël 2016 déjà. Monsieur Kabila n’a pas organisé d’élections alors que son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre, provoquant des manifestations étouffées dans le sang en septembre et décembre. « Il est révolu le temps où l’on cherchait à conserver le pouvoir par les armes, en tuant son peuple. Celui qui respecte la Constitution n’a rien à craindre de la justice », glisse le Cardinal pendant la messe de minuit entre deux citations tirées des Évangiles. Quelques jours plus tard, pour enrayer la violence, le puissant épiscopat congolais parraine un accord majorité-opposition prévoyant des élections en décembre 2017 au plus tard.
Des élections finalement reportées au 23 décembre 2018. Mgr Monsengwo s’est-il senti floué ? La conférence épiscopale fait en tous cas savoir qu’elle regrette ce report et demande au président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.
En 2011, le Cardinal avait déjà contesté la réélection du jeune chef de l’État, en estimant que les résultats de la présidentielle – face à l’opposant historique Étienne Tshisekedi wa Mulumba – n’étaient « conformes ni à la vérité, ni à la justice ».
À l’époque du président Kabila père (Laurent-Désiré, 1997-2001), alors archevêque de Kisangani, Mgr Monsengwo se montre déjà critique envers le nouveau pouvoir. Pendant les guerres de 1998-2003 qui ravagent l’Est de l’ex-Zaïre, il doit à un moment quitter cette grande ville du Nord-Est de la RDC, théâtre d’une guerre entre forces du Rwanda et de l’Ouganda.
Son parcours politique a commencé sous la dictature du Maréchal Mobutu Sese Seko (1965-1997), qui a entretenu des relations ambivalentes avec l’Église, entre interdiction des noms chrétiens et accueil du Pape Jean-Paul II en 1980.
Déjà figure morale et populaire, Mgr Monsengwo a pu apparaître dans les années 1990 comme le Desmond Tutu congolais en prenant la tête de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) supposée libéraliser le pouvoir, puis d’une sorte de Parlement de transition, avant d’être écarté.
Un quart de siècle plus tard, cet homme polyglotte, proche du président du Congo-Brazzaville Denis Sassou Nguesso, se trouve plus que jamais au centre du jeu en cette année 2018 de toutes les attentes.
Mardi 16 janvier 2018, à la cathédrale du Centenaire protestant, le message du Cardinal Monsengwo a trouvé du répondant auprès de la haute hiérarchie de l’ECC (Église du Christ au Congo). L’Archevêque de Kinshasa n’aura pas prêché dans le désert. Car le Révérend Pasteur Ekofo François-David prône, sur les pas du Cardinal Monsengwo, un État de droit en RDC tout en fustigeant la forme de gouvernance actuelle : « L’État congolais n’existe pas. Léguons à nos enfants un pays de droit ! ».


Après la ” médiocrité “, l’ECC évoque aujourd’hui un ” Non-Etat “. Ce qui met la majorité au pouvoir dans tous ses états, au moment où le Comité laïc de coordination annonce une nouvelle marche ce 21 janvier ; pour réclamer encore et toujours la mise en œuvre intégrale de l’Accord politique du 31 décembre 2016. Là où le cardinal Monsengwo a fait mention des ” médiocres “, le pasteur Ekofo est allé plus loin, en indexant l’absence de l’Etat. La RDC est un ” non-Etat “, a dit l’évêque protestant.
Dans la cathédrale, où tout la noblesse politique était rassemblée, personne n’a su relever sa tête. Autant dire que le Cardinal a semé un grain qui commence à germer dans les milieux religieux congolais. En cette année 2018, la RDC est inscrite dans une dynamique de changement, plus que jamais irréversible.
Dans la suite du message qui appelle à ne jamais trahir le Congo, longtemps véhiculé par M’Zee Laurent-Désiré Kabila, le Révérend Ekofo a encore lancé une pique vers la classe dirigeante : « Dieu nous a donné beaucoup de richesses ; Il nous jugera sur base de ce qu’Il nous a donné », a déclaré le pasteur protestant, devant un auditoire totalement pétrifié.

Ce culte a été organisé à la cathédrale du Centenaire de l’Église du Christ au Congo (ECC), dans la commune de Lingwala, pour commémorer la mort de Laurent Désiré Kabila, assassiné le mardi 16 janvier 2001, dans son cabinet de travail, au Palais de Marbre, à Kinshasa. Dans son homélie, l’officiant, le Pasteur Ekofo François-David, a rappelé à l’assistance le vœu de Mzee Kabila : « Ne jamais trahir le Congo !”.
Le Pasteur a, à cette occasion, appelé les autorités à travailler pour l’intérêt de tous, tel que prôné par Laurent-Désiré Kabila et à instaurer la justice et l’Etat de droit dans le pays.
 

Dans la cathédrale protestante du Centenaire, pleine à craquer, le courageux prédicateur a déroulé son réquisitoire. Sourire aux lèvres, le Pasteur Ekofo a transformé le traditionnel message d’hommages à Laurent-Désiré Kabila en un véritable rappel à l’ordre. D’abord, à l’égard du chef de l’État, au cœur de la crise politique que traverse le pays, pour n’avoir pas quitté le pouvoir à l’issue du second et dernier mandat.


Sans citer le nom de Joseph Kabila, l’Officiant fait appel à une métaphore sportive. Subtile et discrète : « J’aime bien l’athlétisme où il y a des courses à pied, surtout. Et j’aime spécialement une course : la course de relais où une personne transmet le bâton à une 2ème personne, à une 3ème et à une 4ème. Dans l’histoire du pays, c’est pareil ! », a déclaré, ce membre du directoire de l’ECC.
L’histoire du pays, celle de la RDC est bloquée depuis le 20 décembre 2016, date à laquelle un passage du « bâton » entre le président sortant et son successeur élu était censé avoir lieu. C’était la première libération du pasteur titulaire de la Cathédrale du centenaire, qui n’avait jamais bien porté son nom. Surtout lorsqu’il va aborder la problématique de l’État congolais : « Un État inexistant, a tranché avec insistance le Prédicateur. Inexistant, car la loi n’y est pas respectée, si ce n’est qu’elle est appliquée de manière discriminatoire. Pays où malgré la règlementation, les Congolais importent des véhicules à volant à droite pour des routes susceptibles de n’accepter que des volants à gauche. L’État regarde mais préfère fermer les yeux. J’ai l’impression que l’État n’existe pas vraiment. L’État n’existe pas réellement », a-t-il persisté sur fond d’une anecdote du volant.
Pour enfoncer le clou, dans ce pays qui ne souffre pas seulement de la crise politique mais aussi de la situation socioéconomique désastreuse, le pasteur fait recours au livre de Deutéronome (Chapitre 10 :14) et évoque la terre, ce « don de Dieu aux fils de l’homme ». Une référence biblique pour rappeler aux dirigeants congolais leur responsabilité dans la situation d’un pays immensément riche mais où le peuple croupit dans la pauvreté : « Même Dieu se demande comment nous sommes pauvres », a-t-il enchaîné. Cette pointe d’ironie n’a pas été relevée par l’assistance déjà mise mal à l’aise. Et de mettre en garde contre toute irresponsabilité : « Dieu a donné la gestion du Congo à nous Congolais. Et c’est nous Congolais qui, un jour, rendrons compte à Dieu de notre gestion de sa terre, de la RDC ».
Critique et direct, le Pasteur protestant a dépeint le tableau socioéconomique et politique sombre du pays en présence de ceux qui assurent la gestion de l’État au quotidien : « L’État congolais n’existe pas. Nous devons léguer à nos enfants un pays de droit où tous les hommes sont égaux, tout le monde doit être traité sur un même pied d’égalité par la justice quel que soit son rang. Préservons notre cher pays selon la volonté de  M’zee, surtout ne perdons pas même un centimètre de notre pays ».
Devant lui, le président de l’Assemblée nationale, représentant personnel du chef de l’État, le Président du Sénat, des Députés nationaux et Sénateurs, le Premier Ministre, les membres du gouvernement, les chefs des institutions d’appui à la démocratie, les autres chefs confessions religieuses, à savoir musulman et Armée du salut, les autorités coutumières et autres. Les présidents de deux Chambres du Parlement étaient présents, avec à leur côté, le Premier ministre Bruno Tshibala, le président du CNSA, Joseph Olenghankoy et les principaux cadors de la MP. Tous étaient là, pensant que le prédicateur protestant allait les caresser dans le sens du poil.
 
Plusieurs personnalités politiques ont pris part au culte de requiem dont le président de l’Assemblée nationale qui a représenté le chef de l’Etat, le Premier ministre, l’épouse de Joseph Kabila et ses enfants, mais aussi la famille de Mzee Kabila.


Dans la salle, c’était le calme absolu. Tous ont eu la face tournée vers le sol, esquivant – avec pointe de dépit –les flèches mouchetées du Prédicateur. Retransmis en direct à la télévision nationale, en toute innocence, le sermon du Prédicateur du jour a pris au dépourvu les commanditaires du culte.
Et dire que, comme elle en a l’habitude, la MP n’a pas pu couper à temps le signal de la chaîne nationale suivie au niveau national et international via le satellite. Qu’est-ce à dire ? Est pris qui croyait prendre ! La majorité au pouvoir a reçu à brûle-pourpoint une douche froide en pleine figure. Elle a encaissé, sans broncher.
« Chat échaudé craint l’eau froide », la MP a pris les précautions pour ne pas tomber dans le même piège. Elle a refusé la retransmission en direct du culte de commémoration de la mort de Patrice-Emery Lumumba. Peine perdue car, en acceptant de revenir quand même à la cathédrale Notre-Dame du Congo, l’Officiant, à l’instar du Pasteur protestant François-David Ekofo, a fait une homélie qui s’est inscrite dans la droite ligne du message de libération du Cardinal Laurent Monsengwo. De la Cathédrale protestante du Centenaire à Notre Dame du Congo, le ton est resté le même.
Lors de la messe de commémoration de la mort de Patrice Emery Lumumba, Mgr Jean Pierre Kuambamba a exhorté les dirigeants à ne pas être à la base des malheurs des Congolais : « Lumumba est mort pour que les Congolais vivent dans de bonnes conditions. Il a utilisé sa force pour être au service de la nation. Il a ressorti le portrait de quelqu’un qui a reçu l’onction du Christ.
Réfléchissons chacun selon son rang, qu’avons-nous fait des aspirations de Lumumba qui a sacrifié sa vie pour la libération du Congo ? Nous sentons-nous concernés par les souffrances du peuple congolais ? Ne soyons pas à la base des malheurs de nos frères », a martelé Jean-Pierre Kuambamba devant plusieurs Officiels.
En définitive, la MP s’est trouvée prise entre deux feux. À quel Saint va-t-elle se vouer ? Difficile à dire pour l’instant. Sauf que l’énervement devrait être à son comble quand on savait que dimanche le 21 janvier 2018 le Comité Laïc de Coordination (CLC) annonçait une marche revendiquant le respect de l’accord de la Saint-Sylvestre. 
Après Mgr Marini, l’ancien patron de l’ECC, les protestants ont retrouvé leur marque. Sur la toile, Paul Diakiese, pasteur de l’ECC, résume l’attitude de l’Église protestante : « Ils ont voulu opposer l’Église protestante à l’Église catholique, alors ils ont été servis … Protestants et Catholiques ont toujours été ensemble ! Et je tiens à vous dire que dans l’Église protestante, il y a pire que François-David Ekofo… Finalement, ce n’est plus un problème des Catholiques ou des Protestants, mais c’est désormais un mouvement citoyen… ». 
La majorité au pouvoir croyait si bien faire en se déplaçant en masse pour la cathédrale protestante du Centenaire, où elle avait choisi de commémorer les 17 ans de l’assassinat de M’Zee Laurent-Désiré Kabila. La cathédrale Notre-Dame du Congo qui leur a servi pendant plusieurs années, de cadre pour le culte en mémoire du « soldat du peuple » a été zappée au profit de la bâtisse protestante du centenaire. Son objectif s’en dégage clairement : se moquer de l’Église catholique et montrer à ses dirigeants que le pouvoir pouvait bien se passer d’elle et trouver mieux ailleurs. Le pouvoir croyait bien prendre sa revanche sur l’Église catholique.
Comme, avec Mgr Pierre Marini Bodho, président honoraire de l’Église du Christ au Congo, le pouvoir s’était préparé à réserver une réplique en règle à l’Église Catholique. À l’occasion, tous les ténors de la MP avaient fait le déplacement de la cathédrale protestante du Centenaire. Mal lui en a pris. Car, personne ne s’attendait à la surprise que leur réservait le Révérend François-David Ekofo, officiant du jour. Retransmis en direct à la télévision nationale, en toute innocence, le sermon du Prédicateur du jour a pris au dépourvu les commanditaires du culte.
Le Pasteur Ekofo a enfin plaidé pour le développement des infrastructures de la RDC à l’instar d’autres pays du monde.



« Quand on parcourt l’Afrique, il y a des routes qui permettent aux gens de circuler librement mais c’est seulement en arrivant à la frontière de la RDC qu’on remarque qu’il n’y a pas de route. Que ce soit du côté nord ou Sud, c’est la même chose. Pourtant la libre circulation des personnes et des biens pourra permettre aux Congolais de se connaître davantage et d’apprendre à cohabiter. La libre circulation permet aussi de consolider l’unité nationale », a conclu le Pasteur Ekofo François-David.
Dans la partie caudale de son message —combien interpellateur—, le Pasteur Ekofo François-David a endossé la lutte contre la balkanisation de la RDC. Aussi a-t-il appelé les politiques au sursaut d’orgueil : « Nous ne devons pas transmettre un territoire désuni à nos enfants parce que nous-mêmes nous avons reçu un territoire uni. Nous ne devons pas céder un millimètre de notre pays à qui que ce soit… Nous devons transmettre à nos enfants un pays où l’État est réel où tout le monde est égal devant la loi », a-t-il martelé.

Synthèse réalisée par
KAKULE MUVUNGA-TARDIF Deogratias, a.a.
Secrétaire Provincial d’Afrique

samedi 10 février 2018

UNE RENCONTRE AMICALE À L’AUNE DE LA SYNODALITÉ !

Rencontre amicale à l’aune de la synodalité !



Chers membres du Conseil de Province,

Je rends grâce à Dieu pour la présence parmi nous du Très Révérend Père Benoît Grière, Supérieur Général des Augustins de l’Assomption, accompagné du Père Thierry Kahongya, son Assistant. À vous tous, je souhaite la bienvenue à cette rencontre amicale.
Conformément aux orientations émanant de ma Lettre d’indiction des Chapitres Locaux de l’année communautaire 2017-2018, l’heure est venue de discerner en vue de la nomination du nouveau Supérieur Provincial. Je vous exhorte à méditer cela dans vos prières, à en parler fraternellement en communauté, sans céder à l’égoïsme ni aux émotions partisanes, mais bien dans un esprit de désintéressement, au service du « souverain bien » de notre Province.
Compte tenu de notre histoire —bientôt, nous célébrons cent ans de présence missionnaire au Cœur de l'Afrique—, du contexte actuel et de la situation de notre Province au sein de nos Églises locales, en Afrique ainsi qu’à l’Assomption tout entière, je propose que nous fixions d’abord notre regard sur les vrais enjeux actuels de la Province : les projets de notre Province, ses priorités, son ambition apostolique (Cf. Actes du Chapitre Provincial) et que nous voyions ensuite quel religieux peut nous aider à relever les défis auxquels notre Province se trouve confrontée. Et ce, au niveau de la communion fraternelle, de l'administration, de la planification du leadership local, de la formation, de la vie apostolique et économique ainsi qu’à celui de l'organisation de notre système de santé.
Prenons donc conscience de tous ces paramètres et enjeux ! Nous avons de bons religieux, qui font preuve d'un grand amour envers la Province et la Congrégation ; et qui en cernent bien les enjeux actuels. Ce sont des religieux stables, humbles, audacieux, honnêtes, pleins d'initiatives et riches en esprit de nouveautés positives ; des religieux visionnaires et clairvoyants, véritables nouvelles outres capables de nous aider tous à travers cette responsabilité —combien délicate—, en ces moments de profonds bouleversements où nous vivons un véritable tournant de notre histoire. Ouvrons donc généreusement nos cœurs pour les découvrir et les faire découvrir aux autres à travers un partage fraternel et sincère !


Père Protais KABILA KALONDO,

Supérieur Provincial d’Afrique



Le vingt-septième jour du mois de janvier de l’an deux mil dix-huit se sont tenues, à Quenard, les assises du Conseil de Province restreint focalisées sur la réorganisation de la Province et, par voie de conséquence, de la Congrégation tout entière.

Étaient présents :
  1. T.R.P. GRIÈRE Benoît, Supérieur Général
  2.  P. KAMBALE KAHONGYA Thierry, Assistant Général
  3. P. KABILA KALONDO Protais, Supérieur Provincial d’Afrique
  4. P. NZUVA KAGHOMA Yves, Premier Assistant Provincial d’Afrique et Responsable de la Formation
  5. P. KASEREKA KAPITULA Éphrem, Assistant Provincial et Supérieur de la communauté Saint Augustin de Bulengera
  6. P. KASEREKA MUSANDE Salvator, Économe Provincial d’Afrique
  7. Fr. KAKULE MUVUNGA-TARDIF, Secrétaire Provincial d’Afrique
  8. P. KASEREKA KIBANDA Wilfrid
  9. P. KAMBALE MIGHERI Jean-Baptiste
  10.  KAHINDO MBAFUMOJA Gervais
  11. P. WAYIVUTA VIHAMBA Jean-Marie
  12. P. KANYORORO KISALI Jean-Chrysostome
  13. P. KATEMBO KATAHERUKA Jean-Baptiste
  14. P. KASEREKA MILONDE David, Invité

Étaient excusés :
  1. P. MIHIGO MARHEGANE René, Assistant Provincial
  2. P. ODHIAMBO YALA Benard, Assistant Provincial
  3. P. PALUKU MESO Jean-Marie, Supérieur Régional de l’Afrique de l’Est
  4. P. KASONGO MAYAMBA Jean-Claude, Supérieur Régional de Kinshasa
  5. P. TSHIAMALA KATALAYI François
  6. P. KAKULE TSONGO Michaël
  7. P. KAMAU MUTURI Dominic
  8. P. KASEREKA SYAYIPUMA Roger
  9. P. BAHATI Antigon.

Le Conseil de Province a pris acte de
ü  Renvoi définitif de la Congrégation de sept religieux scolastiques de Bulengera pour des raisons de discipline : FF. Moïse Kasereka Kazimoto, Bienvenu Kolongo Musaidi, Jean-Louis Mbusa Kahehero, Moïse Muhindo Kavusa, Gerlas Muhindo Muhighinya, Emmanuel Mutsuva Sivalendera et Sédar Paluku Mutsotsya ;
ü  Nomination du Père Éphrem Kasereka Kapitula comme Supérieur de la communauté Saint Augustin de Bulengera, en remplacement du Père Jean-Chrysostome Kanyororo ;
ü  Installation de nos Frères dans la communauté Notre Dame des Pauvres de Mbau : PP. Simon Kambula Sindirigha (Curé), Adelard Paluku Mayani (Supérieur), Gérard Paluku Kyose (Économe) et Roger Kambale Kaghusa ;
ü  Suppression de la Région de l’Est de la RDC ;
ü  Démarches en faveur de Butsili comme quasi-paroisse ;
ü  Investiture de l’équipe d’agents pastoraux à Loliondo : PP. Melchior Kakule Vanzwa (Curé), Anicet Mbusa Katomeko (Vicaire) et Fr. Ignatius Siliolio Matongwa.

Dans son adresse, le Père Général n’a ménagé d’aucun effort pour exhorter les membres du Conseil de Province à promouvoir la « synodalité », qui entend faire de nos communautés des écoles de débat et de concertation. Il nous faudra une initiation aux structures de gouvernement. Une Province aussi grande que celle de l’Afrique doit pouvoir échanger sur les idées, réfléchir ensemble, discerner et enfin décider dans une concertation où l’on ne recherche pas l’unanimité, mais plutôt le modèle du consensus entendu comme un large accord. C’est la tradition augustinienne : il faut qu’il y ait débat et communion. Le modèle de la pensée unique est à prohiber !
Le Conseil de Province ne doit pas être une chambre d’enregistrement ! Il doit y avoir une manifestation de différentes sensibilités respectueuses les unes des autres. Le Conseil de Province a la vocation d’être une véritable école de la démocratie, où l’on apprend à se respecter dans la différence et l’on progresse sous une vision commune. Et la conséquence de ce débat, c’est la loyauté. Une fois que la décision est prise, il faut être loyal envers ceux qui en sont chargés de l’exécution.
Quant aux consultations pour le prochain Provincial, les noms ne manquent pas. Telle est ma grande satisfaction ! Nous ne sommes pas confrontés à une impasse dans le discernement. Qu’est-ce qui est souhaité ? C’est qu’il y ait une certaine continuité. Les religieux identifiables et identifiés sont des hommes jugés capables de relever les grands défis de cette Province. Il est demandé à la personne qui sera investie à la tête de cette Province qu’il puisse travailler dans la continuité des orientations de ces six dernières années.
Il est surtout demandé que le religieux qui sera choisi mette en œuvre les grandes orientations des Chapitres Provincial et Général. Qu’il collabore, écoute ; qu’il aille à la rencontre des communautés et des religieux. Qu’il soit un homme d’unité et de « synodalité », qui a une conscience aigüe d’appartenance à l’Assomption comme « corps ».
À cet effet, les consultations proprement dites seront faites en avril prochain. Il sera essentiellement question d’identifier les défis majeurs et de proposer deux ou trois noms des religieux capables de les relever.

Comme prévue initialement, la seconde partie de ladite rencontre a consisté dans la visite du Père Général à l’Institut Supérieur Emmanuel d’Alzon de Butembo (ISEAB), œuvre mobilisatrice de la Congrégation, en ses deux sites : Kambali et Vulamba (Mirador).

Dans le souci de favoriser la proximité de la Congrégation avec les étudiants, l’érection d’une communauté assomptionniste sur place s’impose :































« J’ambitionne qu’il y ait aussi au site Mirador un campus qui permettra à ceux qui viennent de loin de pouvoir dire :

"Là, vous êtes confrontés comme nous à des difficultés d’ordre économique ?" Tout cela coûte cher. Il faut de la patience ! Pour l’ISEAB, nous voulons aller plus loin. Alors, je soutiendrai tous les développements qui se feront pour agrandir notre institut, renforcer la qualité académique qui va vous permettre d’avoir des diplômes qui auront du prix dans la société civile », rassura-t-il.
Le 29 janvier 2018, le Père Général a été visiter l’église de Muhila —Groupement de Malio, Chefferie des Bashu, Territoire de Beni, Province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo— léguée par Mr Prospère Katasohire Mulawaviro-Katsuva aux Augustins de l’Assomption : ce terrain a une superficie de sept hectares cinquante-cinq ares sept centiares (07 ha 55 a 07 ca).
Sur ce terrain est construite une belle église, avec presbytère en chantier, dédiée à Saint Joseph, Patron des Travailleurs et ouverte au public pour contribuer à l'apostolat des Augustins de l'Assomption dans ce milieu.
Ce n’est pas tout ! Dans la configuration d’ensemble du presbytère, la famille Prospère a accordé une place prépondérante à la prière, tout en songeant à un oratoire —modeste mais passionnant— et en offrant des bréviaires pour la Liturgie des Heures (Office Divin).

Scandant des airs joyeux, toute l’église, pleine à craquer, a rendu grâce à Dieu pour cette œuvre monumentale. Quelle merveille !
En guise de rappel, le Père Provincial s’est évertué à concrétiser sa parole prononcée lors de l’inauguration et de la bénédiction :

la promesse d’en parler au Modérateur Suprême de la Congrégation des Augustins de l’Assomption afin que lui-même vînt goûter cette joie de l’unité et de la solidarité. Et comme preuve tangible, c’est que le Supérieur Général, le Père Benoît Grière, est parmi nous ! Ce qui a suscité les applaudissements des fidèles.


Ému par la largesse —cette générosité débordante— caractéristique de la famille Prospère, le Père Général n’a pas lésiné sur les moyens pour leur exprimer ses sentiments d’une profonde gratitude :
la construction de la chapelle et du presbytère est un signe d’espérance. Telle est la conviction du Père Général nous conviant à prier pour Mr Prospère Katasohire et pour toute sa famille.
En action de grâce, une prière de louange assurée par le Père Provincial a, en collaboration avec le Père Gervais Kahindo Mbafumoja, Curé de la paroisse Cœur Immaculé de Marie de Kitatumba, le Père Thierry Kambale Kahongya et le Père Général, culminé dans la bénédiction solennelle.


« Vous le savez bien : pour héberger les prêtres à Muhila, il nous faudra demander une autorisation spéciale à l’Ordinaire du lieu, Monseigneur Melchisédech Sikuli Paluku. Et c’est ce que nous allons faire pour que l’évêque du Diocèse de Butembo-Beni nous accorde l’autorisation de venir installer nos prêtres Assomptionnistes ici pour vous servir ».




Au sortir de l’église, une délégation en provenance de Kahamba, chapeautée par Madame Virginie, offrit au Père Général un bouc et un sac de farine de manioc.


Après quoi, le Père Général et sa suite furent conduits à la Savonnerie Industrielle de Butembo dont Mr Prospère Katasohire est le propriétaire.

À la fin de la prière du soir, ou mieux les Vêpres, la communauté du Collège Kambali s’est jointe à celle de Quenard pour prendre part aux cérémonies d’au revoir au Père Général et à son Assistant.



Le Père Provincial a remercié le Général ainsi que son Assistant, tout en s’appropriant les paroles du Pape François : « Dans la vie chrétienne, il faut savoir se dire "bonjour !", "merci !" (et "pardon !" »). C’est assez désolant que de voir des Frères vivant dans une même communauté sans se dire « bonjour ! », « merci ! » (ou « pardon ! »)… Si nos Frères Benoît et Thierry sont là, c’était pour nous dire « bonjour ! », « merci ! » (et « pardon ! »). Merci pour les orientations apportées, qui nous permettront de bien rythmer notre vie. « C’est, pour moi la dernière fois d’accueillir à Butembo, le Père Général comme Provincial. Il me reste à l’accueillir, d’abord à Kinshasa au mois d’avril, et puis à Arusha, en juin 2018, pour dire au revoir aux collègues provinciaux qui y seront réunis en CGP (Conseil Général Plénier). Nous sommes dans une Province en marche. La fin de mon mandat n’est pas la fin de la Province. Au contraire ! Cela montre que nous avançons. Vous avez constaté que nous avons des religieux disponibles, des religieux qui aiment l’Assomption, qui aiment le Christ, des religieux qui veulent encore oser. Ils représentent toute la Province. Et je rends grâce au Seigneur pour nous avoir donné tous ces religieux. Ces mêmes religieux m’ont aidé et soutenu dans ma responsabilité de Provincial. Je parle, avant tout, de Quenard. C’est une communauté qui reste indélébile dans mon cœur. Ce sont des religieux occupent une place de choix dans mon cœur. J’aurais même souhaité que mon successeur puisse me nommer dans cette communauté, si je suis encore dans cette vie de communauté. J’ai rencontré une communauté qui vit : elle vit la prière ; elle vit la fraternité. On vit ensemble. On se salue… La communauté voisine est arrivée. Je leur dis merci car c’est une spontanéité. Je m’en vais déjà vous dire que nous avons, en signe d’accueil du Père Général, reçu beaucoup de chèvres. Nous en avons donné une au Noviciat Saint Charles Lwanga. Quitte à vous de vous arranger avec le supérieur et l’économe de la maison pour emporter la vôtre ! ». C’est sous ces applaudissements que le Général fit :

« Je suis heureux de vous retrouver ce soir à ce repas festif. Certains disaient, en me voyant et le Père Thierry : "vous avez du courage !"… Au contraire, c’est vous… pas nous ! Nous sommes venus, Thierry un fils du pays et moi, non pas en ayant peur au ventre, mais nous sommes venus avec la joie de retrouver nos Frères qui, eux, vivent au quotidien en crise, dans un pays meurtri, blessé, humilié. Le courage que j’ai trouvé, c’est chez vous d’abord ! Dans l’homélie de ce matin, il y avait trois mots : "bonjour", "merci" et "pardon". Le Père Protais en a utilisé deux. Le troisième, je l’utilise pour moi et Thierry. Pardon, pour n’avoir pas visité les communautés ! C’est vrai que des questions sécuritaires sont si fortes que Monseigneur Melchisédech Sikuli et le Père Protais ont veillé à ce que nous ne prenions pas de risque inutile ; et il était très clair que nous ne devrions pas nous déplacer très loin de Butembo. Pardon, pour n’avoir pas consacré suffisamment de temps ! Il y aura encore d’autres occasions. C’est ça que je voulais dire en terminant. Le Père Protais, je le retrouverai, avant Arusha, à Kinshasa. Puisqu’il y aura la visite des communautés de Kinshasa, avec le Père Thierry, au mois d’avril. Je reviendrai l’an prochain à Butembo pour découvrir encore d’autres aspects qui ne me sont pas connus. Il y avait trois buts principaux dans ce voyage : approfondir la connaissance mutuelle, vous soutenir dans votre vie quotidienne en découvrant vos engagements et en mettant en route les applications des Chapitres Provincial et Général ; et puis, le troisième but, c’est de préparer l’échéance qui arrive au mois de juin, la nomination d’un nouveau Provincial. Sans vous flatter, sans m’en enorgueillir, nous avons à peu près respecté cela. Mon grand regret, encore une fois, c’est de n’avoir pas été plus disponible à aller sur le terrain rencontrer les Frères. Je vous remercie » !

Propos recueillis par le Frère Kakule Muvunga Tardif Deogratias, a.a.

Secrétaire Provincial d’Afrique
Très Révérend Père Benoît Grière, Supérieur Général des Augustins de l’Assomption, Révérend Père Thierry Kambale Kahongya, Assistant Général,
Au nom de la communauté provinciale et de la commission culturelle de la Maison Gervais Quenard, j’avoue que je ne sais vraiment pas écrire une lettre d’adieu… je ne suis pas un grand poète… ce message d’adieu ne sera pas un grand poème d’adieux !
Mais, PP. Benoît et Thierry, soyez-en assurés : ce discours d’adieu vient du fond de notre cœur et qu’il est écrit avec l’encre de notre amitié ! Nous vous disons « Adieu ! »… mais ces adieux ne sont, en fait, que des « au revoir ».




Révérends Pères Benoît et Thierry, les beaux souvenirs que nous avons partagés avec vous sont une conviction et une énergie vibrant en nous tout en nous rappelant que les hommes et les femmes sont capables de vivre ensemble en toute humanité, dans la solidarité, la sensibilité sincère et la synodalité.
À cet effet, votre séjour parmi nous, nous a été d’un grand secours. Pour cette merveille, béni sois-Tu, Seigneur Dieu !

Pour la communauté provinciale,
    Fr. Kakule Muvunga Tardif




AGENDA/2017—2018

Conseils Généraux Ordinaires :
• Du 2 au 20 octobre 2017
• Du 13 au 15 décembre 2017
• Du 5 au 9 février 2018
• Du 9 au 13 avril 2018
• Du 14 au 18 mai 2018 (à discuter !)

Conseils Généraux Pléniers :
•Du 1er au 11 décembre 2017, précédé par une formation pour les nouveaux Provinciaux (28—30 novembre)
• Les sessions du CGP de l’an 2018 (à préciser !)

Conseils Provinciaux
• Du 17 au 18 octobre 2017
• Du 30 au 31 octobre ; puis le 1er novembre 2017 (Conseil de Province)
• Du 11 au 13 janvier 2018
• Du 14 au 17 mars 2018
• Du 15 au 17 mai 2018

Þ Juin 2018 (CGP au bout duquel sera investi le nouveau Conseil Provincial !)